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La durabilité au coeur de la stratégie du nouveau patron de Barry Callebaut

03/12/2021 | 14:46

Zurich (awp/afp) - La durabilité est une des grands priorités stratégiques du nouveau patron de Barry Callebaut, numéro un mondial du cacao et des préparations chocolatées, face à la demande grandissante d'une nouvelle génération de consommateurs pour les produits éthiques.

"Les consommateurs, en particulier les plus jeunes, sont prêts à payer plus pour avoir l'assurance (d'acheter) des produits qui sont fabriqués et sourcés d'une manière qu'ils approuvent", s'est félicité le Néerlandais Peter Boone, lors d'un entretien avec l'AFP, rappelant que la durabilité faisait partie des piliers de la stratégie de ce groupe suisse.

En 2016, Barry Callebaut qui fournit du cacao et chocolat aux grands groupes alimentaires tels que Mondelez, Nestlé ou Unilever, mais aussi aux chefs et pâtissiers, s'était doté d'un vaste programme dans lequel il s'était fixé quatre objectifs.

D'ici 2025, le groupe zurichois avait dit vouloir sortir 500.000 fermiers de la pauvreté dans les pays producteurs de cacao, éradiquer le travail des enfants, parvenir à un bilan carbone et forestier positif et s'assurer que 100% des ingrédients utilisés dans ses produits, y compris le lait, la vanille et le sucre, proviennent de sources durables.

A l'époque chef de l'innovation et de la durabilité, Peter Boone avait lui-même participé à l'élaboration de ce programme qui avait été un des grands chantiers de son prédécesseur, le Français Antoine de Saint-Affrique, parti depuis diriger le géant agroalimentaire Danone.

"Si nous n'investissons pas dans la durabilité, nous serons à cours de fermiers voulant continuer à faire cela à l'avenir s'ils n'obtiennent pas un revenu qui leur permette d'en vivre et qu'ils méritent", a défendu M. Boone lors d'un entretien à l'occasion de la publication du rapport annuel sur la durabilité.

Pour lutter contre la pauvreté dans les exploitations de cacao, la Côte d'Ivoire et le Ghana, qui représentent 70% de la production mondiale de fèves, ont mis en place une prime appelée "différentiel de revenu décent", qui assure aux producteurs un versement supplémentaire de 400 dollars par tonne. Le groupe suisse a fait partie des chocolatiers qui ont soutenu cette initiative.

Selon la Banque mondiale, plus de la moitié des 5 à 6 millions de personnes qui vivent du cacao subsistent sous le seuil de pauvreté en Côte d'Ivoire. La pauvreté est considérée comme la principale cause du travail des enfants.

D'après l'enquête NORC de l'Université de Chicago en 2018-19, près de 800.000 enfants travaillent dans le cacao, contre 1,2 million selon une précédente étude de l'université américaine de Tulane en 2013-14.

1.000 conseillers

"Ce sont des questions complexes sur lesquelles nous ne pouvons pas avancer seul", a cependant reconnu M. Boone qui a mis en avant l'importance des partenariats avec les gouvernements dans les pays producteurs, les grandes organisations du cacao et représentants de la branche agroalimentaire.

Pour aider les fermiers à accroître la productivité, le groupe, qui emploie 12.500 personnes au niveau mondial, s'est doté d'une équipe de 1.000 personnes qui viennent conseiller les petits producteurs de cacao sur les pratiques agricoles, proposer des cultures qui assurent des revenus complémentaires entre les récoltes ou aider à décrocher des micro-crédits.

Pour mesurer les progrès de son programme, le groupe a aussi multiplié les partenariats, le faisant notamment évaluer par Sunstainalytics, une agence de notation spécialisée dans l'évaluation des performances environnementales, sociales et de gouvernance d'entreprise.

Depuis le lancement de ce programme, son empreinte carbone a été réduite de 17% par tonne de produits fabriqués tandis que 214.584 fermiers sont sortis de la pauvreté dans sa chaîne d'approvisionnement, affirme le groupe dans son rapport sur la durabilité.

En octobre, la France a lancé une initiative pour le cacao durable sous l'impulsion du Syndicat du chocolat, qui réunit les entreprises du secteur, aux côtés des pouvoirs publics et d'ONG, autour d'engagements visant à améliorer les revenus des planteurs, lutter contre le travail des enfants et la déforestation.

La France a ainsi rejoint l'Allemagne, la Belgique, la Suisse et les Pays Bas qui s'étaient déjà dotés d'initiatives similaires.

afp/rp

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