UNILEVER PLC

ULVR
Cours en différé. Temps Différé  - 18/05 17:35:30
3635GBX -0.85%

Où va Unilever, après son OPA ratée?

22/01/2022 | 08:01

LONDRES (awp/afp) - Après sa tentative ratée de rachat d'une unité du groupe pharmaceutique GSK pour une somme pharamineuse, Unilever voit son action fragilisée et son patron Alan Jope pressé de redéfinir la stratégie du géant de produits de grande consommation.

Alan Jope "ne semble pas avoir d'idée claire quant à l'endroit où il veut emmener l'entreprise", résume Michael Hewson, de CMC Markets.

Le dirigeant de la société d'investissement Fundsmith, Terry Smith, a été le plus virulent dans une lettre publiée sur son site: le projet avorté d'acquisition est une expérience "quasi mortelle" pour l'entreprise et pour l'argent injecté par son fonds, selon lui.

Vindicatif, cet influent actionnaire d'Unilever qualifie la performance du groupe de "misérable".

Unilever avait enregistré un chiffre d'affaires en progression de 4% au troisième trimestre 2021 -ses derniers résultats publiés-, à 13,5 milliards d'euros, mais dopés surtout par des hausses de prix pour compenser une inflation en forte accélération.

L'action du groupe avait dévissé de 10% en début de semaine après la révélation de l'offre à 50 milliards de livres sur GSK Consumer Healthcare, unité de parapharmacie du laboratoire britannique, qui l'a rejetée et jugée insuffisante.

Nombre d'analystes s'étaient inquiétés qu'Unilever se lance dans une surenchère, estimant que le groupe n'avait pas les reins financiers assez solides. Unilever a finalement annoncé qu'il ne relèverait pas sa proposition.

L'action a rebondi et cotait 3.675,00 pence, en hausse de 0,53%, à la clôture vendredi. Elle reste cependant en baisse d'environ 18% sur un an.

Alex Smith, analyste à Third Brige, estime que d'autres cibles d'acquisitions sont possibles, chez le britannique Reckitt par exemple.

Terry Smith relève toutefois que les acquisitions passées d'Unilever ne se sont pas particulièrement bien passées, ce qui n'est pas de bon augure pour de futures opérations.

Il rappelle l'acquisition de Dollar Shave Club par le groupe en 2016 pour 1 milliard de dollars: "On n'en a pas entendu beaucoup parler depuis et ce n'est pas parce qu'ils vont tellement bien que c'en est gênant".

Unilever a rappelé cette semaine qu'il veut se focaliser sur la beauté, la santé et les soins bucaux, mais le patron de Fundsmith craint que le groupe se déleste de marques "familières" - il vient de vendre ses thés - pour entrer sur un terrain où il a moins d'expérience.

Qu'est-ce que la beauté?

"Que veut dire Unilever par +beauté+?", interroge encore M. Smith. "On a vu des +supermodels+ dire que leur +routine beauté+ était de se laver le visage au savon et à l'eau, alors les savons Dove peuvent être considérés comme une marque de beauté. Mais ce n'est pas ce que diraient L'Oréal, Chanel ou Estée Lauder."

Il rappelle que le rival d'Unilever, l'américain P&G, a "commencé à assembler une série de marques de +beauté+ par acquisition avant de tout revendre à Coty".

"Unilever a de bonnes marques, mais semble davantage s'inquiéter de la façon dont le groupe est perçu. Malheureusement, ce n'est pas comme ça qu'on paie les factures et le groupe doit améliorer ses marges là où la performance est mauvaise ou se séparer de ces unités", insiste Michael Hewson de CMC Markets.

Ces deux dernières années, Unilever a annoncé qu'elle n'utiliserait plus le terme "normal" pour ses produits et qu'elle arrêtait de retoucher les photos de ses mannequins. Il a aussi décidé de débaptiser ses produits de beauté comportant les mots "fair", "light" (clair) et "white" (blanc).

Il a encore promis d'exiger d'ici 2030 de ses fournisseurs qu'ils offrent une rémunération décente à leurs salariés et veut atteindre la neutralité carbone dans sa chaîne d'approvisionnement d'ici 2039, entre autres.

Attaqué sur un flanc, Unilever l'est pourtant aussi sur l'autre: l'organisation d'actionnaires activistes pro-environnement et progrès sociaux ShareAction estime ainsi que le groupe n'en fait pas assez pour limiter l'impact sur la santé de ses aliments et boissons très industriels et que cela représente "un vrai danger financier" pour lui.

ved/ode/LyS

© AWP 2022
Copier lien
Toute l'actualité sur UNILEVER PLC
17/05
17/05
17/05
17/05
17/05