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La BCE poursuit sa politique de soutien à l'économie

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07/09/2017 | 14:45

Francfort (awp/afp) - La Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi de maintenir aussi longtemps que nécessaire son soutien appuyé à l'économie, en conservant ses taux directeurs au plus bas tout en confirmant son programme de rachat de dette.

Comme attendu, l'institution monétaire de Francfort a gardé à zéro son principal taux directeur, à 0,25% son taux de prêt marginal et à -0,4% le taux de dépôt au jour le jour, a annoncé un porte-parole à l'issue de la réunion du conseil des gouverneurs à Francfort (ouest de l'Allemagne).

Ces annonces ont laissé l'euro inchangé, à 1,20 dollar, tandis que la Bourse de Francfort a accentué sa hausse, l'indice Dax passant de +0,8% à près de +1% juste après le communiqué de la BCE.

Les taux campent à leurs plus bas niveaux historiques depuis mars 2016.

La BCE a également conservé en l'état son programme massif de rachats de dettes publiques et privées, dont elle se laisse toujours la possibilité d'accroître le montant - aujourd'hui de 60 milliards d'euros par mois - ou la durée si nécessaire.

Autre annonce identique aux précédents mois, le moment de relever les taux n'interviendra que "bien après" la fin des rachats d'actifs.

Les regards se tournent désormais vers la conférence de presse du président de la BCE Mario Draghi: à partir de 12H30 GMT, il devrait dire si le débat sur la réduction à venir des achats sur le marché, le programme surnommé "QE" (Quantitative easing), a bien été entamé et quelle en a été la teneur.

- EURO ET INFLATION -

Pour alimenter la discussion, le conseil des gouverneurs de l'institution a pris connaissance jeudi des dernières projections économiques pour la zone euro.

La discussion entre banquiers centraux sur l'avenir du QE s'annonce complexe, non seulement parce que l'inflation en zone euro reste inférieure à l'objectif de la BCE, mais aussi en raison de l'appréciation de l'euro, qui a gagné 13% depuis janvier face au billet vert, en cotant autour 1,20 dollar. Or, toute annonce d'un resserrement monétaire ne pourrait qu'accentuer le mouvement.

Un euro fort pèse sur l'inflation, car il rend les importations moins chères et mine la compétitivité des produits exportés vers les pays tiers, ce qui peut porter un coup à l'activité économique.

Depuis le lancement en 2015 du QE, la BCE a créé plus de 2.000 milliards d'euros de monnaie pour financer ses achats d'obligations sur le marché.

Les effets positifs de cette politique sur l'offre de crédit par les banques et la relance de l'économie sont bien réels, ne cesse de souligner la BCE.

Mais l'institution ne pourra crier victoire que lorsque l'inflation en zone euro sera revenue au niveau cible "proche mais inférieur" à 2% en glissement annuel et ce de manière durable. Cela n'est pas encore le cas, à l'aune d'une inflation d'1,5% sur un an en août, appelée à se tasser sur le reste de l'année.

- FLEXIBILITÉ DU QE -

Autre élément pouvant jouer dans la discussion, le "QE" voit se profiler des difficultés techniques, les titres à racheter étant en quantité limitée.

"La BCE pourrait encore procéder à des achats jusqu'à la fin de 2018, voire en 2019, utilisant pleinement la flexibilité du programme", calcule Frederik Ducrozet, de Pictet Wealth Management.

Pour l'heure, la BCE serait inspirée d'attendre que la Réserve fédérale américaine (Fed) ait poursuivi dans la voie du resserrement monétaire, concourant à redresser le cours du dollar au cours de l'automne, estime Sylvain Broyer, de Natixis.

"Le communiqué de presse de la BCE semble confirmer qu'elle ne révèlera pas ses plans sur la suite du QE au-delà de décembre dès aujourd'hui, mais les commentaires lors de la conférence de presse sont susceptibles de renforcer les attentes d'une réduction à venir", a commenté Jennifer McKeown, économiste chez Capital economics.

afp/lk

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