La BCE continuera d'acheter d'importants volumes d'obligations, assure AllianceBernstein

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09/01/2018 | 15:48

(AOF) - La Banque centrale européenne (BCE) ne devrait pas réduire de manière significative le volume des acquisitions réalisées dans le cadre de son Programme d'achat d'obligations d'entreprises (CSSP) et ce, malgré le recalibrage de son programme d'assouplissement quantitatif (QE), indique Jorgen Kjaersgaard, Head of Global Credit chez AllianceBernstein (AB). L'objectif : une réduction de 60 à 30 milliards d'euros de la valeur de ses achats mensuels. En effet explique le dirigeant, la BCE se heurte à un certain nombre d'obstacles liés aux critères d'acquisition des obligations émises par les États.

AB estime donc que cette coupe drastique ne se répercutera qu'en partie sur le volet " obligations d'entreprises " : en 2018, la BCE devrait investir environ 5 milliards d'euros chaque mois dans ces obligations, contre 6 à 8 milliards en 2017.

Au terme du programme de QE, prévu au mois de septembre, le portefeuille d'obligations d'entreprises de la BCE représentera plus de 175 milliards d'euros. L'institution continuera probablement à réinvestir à échéance et ce, pour un montant situé dans une fourchette allant de 10 à 25 milliards d'euros par an.

Grâce à ces seuls réinvestissements, la BCE continuera à absorber une part importante de l'offre disponible. Ces cinq dernières années, la valeur annuelle nette des émissions en euros d'obligations non financières de qualité investment-grade s'est élevée à 110 milliards (pour un montant brut annuel d'environ 245 milliards).

Selon Jorgen Kjaersgaard, ce chiffre ne devrait pas évoluer de manière significative alors même que le marché voit arriver de nouveaux acteurs, parmi lesquels des entreprises américaines dont les obligations libellées en euros viseront à contrer les effets de la réforme fiscale américaine. À l'heure actuelle rappelle-t-il, les émissions américaines de titres de qualité investment-grade libellés en euros représentent plus de 20 % du marché.

Puisqu'une partie importante de l'offre en obligations d'entreprises sera absorbée par les réinvestissements de la BCE, les investisseurs devront explorer les possibilités offertes en dehors du champ d'action de cette institution, notamment par les valeurs triées sur le volet et le marché du haut rendement, conclut Jorgen Kjaersgaard.


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