Paris (awp/afp) - La Bourse de Paris a reculé de 0,34% vendredi, pénalisée par le secteur du luxe et s'octroyant une respiration à l'issue d'une semaine dense sur le front des politiques monétaires menées par les banques centrales.

L'indice vedette CAC 40 a abandonné 27,80 points, terminant à 8.151,92 points. Jeudi, il avait progressé de 0,22%, à 8.179,72 points, mais son accélération en début de séance lui avait permis de grimper jusqu'à 8.229,25 points, son nouveau record en séance.

Sur la semaine, le CAC 40 était le seul des principaux indices européens à marquer un repli, bien que léger (-0,15%).

"La semaine a été chargée et il n'est pas illogique" de voir le CAC 40 "reprendre son souffle", a commenté Andréa Tueni, analyste de Saxo Bank.

Cette semaine, les réunions de banques centrales se sont enchaînées: Réserve fédérale américaine (Fed), Banque d'Angleterre, Banque du Japon, Banque nationale suisse, Banque de Norvège.

"Du côté de la Fed, il y a eu la confirmation des trois baisses des taux" en 2024, ce qui a soulagé "le marché qui pensait à un moment donné qu'il pourrait y en avoir moins", a expliqué Andréa Tueni.

Aux Etats-Unis, la publication de données d'activité "solides a conforté l'idée d'un atterrissage en douceur de l'économie" américaine, soit un scénario où l'inflation continue de baisser progressivement, sans entraîner de récession, a souligné cet analyste, tandis que des indicateurs économiques ont montré des faiblesses en Allemagne et en France.

"Cela laisse penser que la Banque centrale européenne (BCE) a plus d'urgence à baisser ses taux que la Fed, l'Allemagne est déjà en récession et d'autres pays ne sont pas loin de l'être" sur le Vieux Continent, a détaillé Andréa Tueni.

Dans ce contexte, "la décision de la Banque nationale suisse [d'abaisser ses taux, NDLR] a été assez intéressante et a donné un peu d'espoir aux investisseurs", a-t-il ajouté.

Le marché estime à 90% la probabilité que la BCE procède à une première baisse de ses taux directeurs en juin.

Le taux d'intérêt des emprunts de l'Etat français à dix ans est tombé à 2,79% vers 18H00, contre 2,84% jeudi à la clôture.

Le luxe en berne

Kering a clôturé en baisse de 3,57%, à 358,05 euros. Sur la semaine, le titre a chuté de 15,98%.

Le groupe français de luxe a connu une déroute en Bourse mercredi après un avertissement sur son chiffre d'affaires, qui devrait baisser "de l'ordre de 10%" au premier trimestre sur un an.

LVMH, plus grande capitalisation boursière de la cote Parisienne, a souffert aussi, terminant en baisse de 2,28% à 828,60 euros, après avoir annoncé le départ de son directeur général délégué, Toni Belloni, numéro deux du groupe après le PDG Bernard Arnault.

Entraînés par la dynamique du secteur, Hermès a cédé 1,02%, à 2.386 euros, et L'Oréal 0,53%, à 432,65 euros.

Regroupement d'actions pour Orpea

Orpea, géant privé des Ehpad et cliniques, a adopté un nouveau nom, Emeis, et a annoncé une opération de regroupement de ses actions jeudi soir, effective dès vendredi.

"Mille actions anciennes d'une valeur nominale d'un centime d'euro ont été échangées contre une action nouvelle d'une valeur nominale de dix euros", a détaillé le groupe, dans un communiqué de presse.

Au fil de la restructuration du groupe, qui a entraîné une forte dilution pour les actionnaires, le titre Orpea, qui cotait au-dessus de 80 euros en janvier 2022, ne valait plus qu'un centime jusqu'à jeudi.

L'action a clôturé vendredi en hausse de 2,64%, à 13,24 euros.

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