Carburant-Mexico entre pénuries et sabotages d'oléoducs

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12/01/2019 | 09:17

MEXICO, 12 janvier (Reuters) - Un important oléoduc alimentant Mexico en carburant a été mis hors service, ayant subi deux ruptures en une seule journée, et le gouvernement s'efforce de remédier à une situation qui met en colère les automobilistes et fragilise l'économie de la capitale mexicaine.

L'offensive lancée par Andres Manuel Lopez Obrador contre les voleurs de carburant constitue la première épreuve de force engagée par le président de gauche contre la corruption depuis son entrée en fonctions le 1er décembre.

Des bandes criminelles ponctionnent du carburant sur des oléoducs et interceptent des camions-citernes depuis des années dans le pays, ce qui coûte des milliards de dollars à l'Etat.

Les autorités ont annoncé vendredi qu'elles chargeraient 8.300 policiers et 1.400 véhicules des forces de l'ordre d'assurer au cours des 48 heures à venir la sécurité des camions-citernes chargés d'approvisionner les stations-service de la capitale, a annoncé la Chambre nationale du transport de fret (Canacar).

Un oléoduc reliant la ville portuaire de Tuxpan, au bord du Golfe du Mexique, à Mexico a été fermé jeudi soir et des réparations ont été entreprises, a déclaré vendredi le président mexicain.

Cet oléoduc a été la cible jeudi matin d'un sabotage et réparé, mais une autre rupture s'est produite dans le courant de la journée. "Il s'agit d'un sabotage", a affirmé le chef de l'Etat.

Vendredi, les voitures faisaient la queue par dizaines aux stations-service de la capitale, parfois dès l'aube, par crainte de pénuries de carburant.

Le directeur de la Banque centrale du Mexique a estimé jeudi que l'économie et le taux d'inflation risqueraient d'être affectés négativement si les problèmes de distribution du carburant demeuraient.

Le week-end dernier, la fermeture d'un oléoduc partant de la raffinerie de Salamanca, dans l'Etat central de Guanajuato, avait déjà entraîné la fermeture de nombreuses stations-service. (Daina Beth Solomon; Eric Faye pour le service français)

© Thomson Reuters 2019
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