Ces acteurs du véhicules électriques encore méconnus

27/10/2020 | 10:22

Tesla + 403 % sur l’année, Nio + 575 % sur l’année, même Nikola qui a perdu plus de 55 % de sa valeur après des allégations de fraudes, continue d’enregistrer un gain de 118 % sur l’année… Bref, le véhicule électrique galvanise la bourse et cet engouement a largement été porté par Tesla. En général, quand un secteur est à la mode, les investisseurs se mettent en quête de la prochaine superstar. Est-ce que ça sera Nio ? Possible. Quoi qu’il en soit, il existe d’autres acteurs sur ce marché qui méritent notre attention. Revenons sur ces entreprises encore méconnues du grand public.

Si beaucoup connaissent son parcours boursier, Tesla n’est pas un cas isolé. Les pure-players du véhicule électrique et plus généralement des stations de recharge électrisent les marchés financiers. 

Nous ne reviendrons pas ici sur Nikola qui n’a encore livré aucun camion et qui a fait l’objet d’allégations de fraude de la part du cabinet activiste Hindenburg, ni sur Nio qui peut sans doute être vu comme le principal challenger de Tesla. L’entreprise chinoise est en forte croissance, ses livraisons ne font qu’augmenter. Elle devrait en plus bénéficier sur le long terme de la protection du marché chinois et de ses services innovants comme le battery swaps qui permet de changer sa batterie vide par une chargée et cela en 3 minutes grâce à une station robotisée ou encore du battery as a service qui propose une réduction du prix de la voiture contre le paiement d’un loyer pour la batterie. Si ces trois actions ont fait beaucoup parler d’elles, il existe également d’autres acteurs encore méconnus que nous allons passer brièvement en revue. 

  • Arcimoto fabrique un véhicule électrique à trois roues qu'elle qualifie de “fun utility vehicle” reprenant ainsi l’acronyme de son symbole boursier FUV. La société a réalisé un chiffre d’affaires de 990 000 dollars en 2019. Son action progresse de 285 % sur 2020 pour atteindre une valorisation boursière de 196 millions de dollar.

  • GreenPower est une entreprise canadienne qui fabrique et distribue des autobus entièrement électriques. Par exemple, le GreenPower EV Star est un mini-bus conçu pour une autonomie allant jusqu'à 240 kilomètres et rechargeable en 2 heures. Dans une récente interview, Fraser Atkinson, P-DG de GreenPower a indiqué que le nombre de livraisons dans le monde pourrait atteindre 80 000 véhicules d’ici 2025. Son chiffre d’affaires en 2019 s’élève à 13,5 millions de dollars (USD). Les actions GreenPower s’enflamment de 558 % sur l’année et se valorisent à 179 millions de dollars (USD).

  • Avec ses fourgons de livraison électriques et ses drones pour la livraison de colis, Workhorse opère dans un segment différent, celui du transport de marchandises. La société comprend des clients comme UPS ou encore FedEx et enregistre un CA de 380 000 dollars en 2019. Le titre progresse de 569 % sur 2020 et se valorise 2,14 milliards de dollars.

Ce qui est intéressant de noter à ce stade, c’est que ces trois acteurs opèrent dans des niches différentes du véhicule électrique. Le premier se concentre davantage sur les véhicules plus petits et légers à l’inverse de Tesla ou de Nio. GreenPower oeuvre dans le transport de passagers tandis que Workhorse, agit dans la livraison de marchandises. Ces entreprises ne devraient donc pas marcher sur les plates bandes des autres, ce qui laisse entendre un potentiel de croissance peut-être plus important.

Seule ElectraMeccanica, qui construit des véhicules à trois roues, pourrait venir concurrencer Arcimoto. La société a un CA 2019 de 780 000 millions de dollars et a une capitalisation boursière de 166,8 millions de dollars. En revanche, son titre ne progresse que de 23 % sur l’année, bien loin de l’euphorie constatée sur les autres valeurs.

Il n’y a pas que les constructeurs de véhicules qui profitent de cette euphorie, les stations de recharge sont elles aussi à l’honneur :

  • Beam Global est à l’origine d’une station de recharge pour véhicule électrique alimentée par des panneaux solaires et dont l’avantage est sa rapidité de déploiement. En effet, contrairement aux stations de recharge classiques qui nécessitent plusieurs semaines pour être installées, l’EV ARC de Beam ne requiert pas de fondations ni de constructions et se déploie en quelques minutes. De plus, comme la station est alimentée par un panneau solaire, il n’y a aucune installation sur le réseau électrique à prévoir. L’avantage également est que ça ne prend qu’une place de parking et la solution est donc scalable à grande échelle. Par contre, je doute que la recharge à minima jusqu’à 80% de son véhicule soit quant à elle très rapide. Les ventes de Beam Global s’établissent à 5,11 millions de dollars en 2019. Ses actions progressent de 202 % sur l’année avec une capitalisation boursière de 108 millions de dollars.

  • Blink Charging exploite également un réseau de stations de recharge pour véhicules électriques et proposent notamment des solutions pour les entreprises et les particuliers. Son produit phare, le Blink IQ 200 permet de recharger l’équivalent de 105 kilomètres d’autonomie en un heure. La société a déployé plus de 23 000 stations depuis ses débuts en 2009. La société enregistre un CA de 2,76 millions de dollars en 2019. Sur un plan boursier, l’action progresse de 362 % et se valorise à 273 millions de dollars, soit presque 3x Beam malgré un CA 2x moins importants. 

Pour terminer, nous allons jeter un oeil au ratio capitalisation boursière sur chiffre d’affaires de ces sociétés. Ce ratio permet d’évaluer des entreprises qui ne réalisent pas de bénéfices soit la grande majorité en l’espèce et le CA a l’avantage d’être difficilement manipulable. En revanche, son principal inconvénient est qu’il ne tient pas compte de la dette. Que nous dit-il sur les acteurs du véhicule électrique ?

Dans le calcul, nous avons quand même gardé Blink et Beam même si ces entreprises diffèrent légèrement des autres de par leur activité basée sur les stations de recharge. Néanmoins, les résultats sont évocateurs. On remarque que Workhorse est la plus fortement valorisée en se basant sur le CA de 2019. Les investisseurs sont en effet prêts à payer 5632 $ pour 1 $ de CA, alors que la moyenne est à 778$. En fait, Workhorse vient un peu fausser la moyenne ici, et c’est pourquoi, nous allons refaire le tableau sans cette entreprise.

Finalement, on peut observer que les deux poids lourds du secteur, Tesla et Nio, sont ceux qui ont le ratio parmi les plus faibles du secteur et bien en-deçà de la moyenne. Alors qu’on entend souvent le refrain selon lequel il y aurait une bulle sur Tesla, il reste que selon son ratio CAPI/CA, ça serait l’entreprise la “moins surévaluée” du secteur. Les investisseurs seraient en effet prêt à payer 16 $ pour 1 $ de CA de Tesla contre 85 $ en moyenne. En revanche, Arcimoto et ElectraMeccanica qui opèrent tous les deux sur les véhicules électriques légers sont ceux qui seraient les plus valorisés avec plus de deux fois la moyenne sectorielle. 

Quoi qu’il en soit, on devrait entendre de plus en plus parler des ces entreprises dans un futur proche. Des opportunités pourraient se profiler notamment si on assiste à un mouvement de correction et de respiration dans le secteur. Néanmoins, il appartient aux investisseurs de faire leurs recherches pour déterminer lequel de ces titres pourrait être le grand gagnant à long terme.

Nathan Houtch
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