Fuites sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2, des Européens évoquent un sabotage

27/09/2022 | 17:17

STOCKHOLM/COPENHAGUE (Reuters) - Des fuites sont apparues sur les gazoducs russes Nord Stream 1 et 2 en mer Baltique, ont rapporté mardi la Suède et le Danemark, qui s'inquiète d'un possible sabotage.

Des bouillonnements étaient visibles à la surface de la mer, dont un d'un diamètre de 1.000 mètres environ, selon un communiqué de l'armée danoise.

Nord Stream 1 est touché par deux fuites, selon l'Autorité maritime suédoise, l'une dans la zone économique exclusive suédoise, l'autre dans la zone économique danoise, au nord-est de l'île de Bornholm. Le Danemark a découvert pour sa part lundi une fuite sur Nord Stream 2, qui est parallèle au 1.

Les deux infrastructures, au coeur du conflit énergétique entre l'Europe et la Russie, sont hors service en raison du conflit en Ukraine mais contiennent du gaz.

Moscou a évoqué un sabotage compromettant la sécurité énergétique du continent européen.

"C'est une nouvelle très préoccupante. Nous parlons de dommages d'une nature encore inconnue sur le gazoduc dans la zone économique du Danemark", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le conseiller de la présidence ukrainienne, Mikhaïlo Podoliak, a parlé d'une attaque russe pour déstabiliser l'Europe, sans donner de preuves de ce qu'il avance.

"La fuite de gaz à grande échelle de Nord Stream 1 n'est rien de plus qu'une attaque terroriste planifiée par la Russie et un acte d'agression contre l'Union européenne", a-t-il écrit sur Twitter.

Pour le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, il ne fait pas de doute qu'il s'agit d'"un acte de sabotage".

"Nous ne connaissons pas tous les détails de ce qui s'est passé, mais nous voyons clairement qu'il s'agit d'un acte de sabotage lié à l'escalade en Ukraine", a-t-il déclaré en marge de l'inauguration d'un gazoduc entre la Norvège et la Pologne.

Les fuites sont d'importance et leur colmatage pourrait prendre une semaine, a déclaré le directeur de l'Agence danoise de l'Energie, Kristoffer Bottzauw.

Le risque est que les navires qui entrent dans la zone perdent en puissance et en flottabilité, a-t-il relevé.

De plus, "la surface de la mer est couverte de méthane, ce qui augmente le risque d'explosion", a-t-il dit.

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a déclaré qu'il était "difficile d'imaginer une coïncidence".

L'opérateur Nord Stream a fait état de dégâts "sans précédent".

"Nous disposons d'indications selon lesquelles les dégâts sont intentionnels", a déclaré une source sécuritaire européennes.

L'opérateur russe Gazprom a réduit les volumes de gaz livrés par Nord Stream 1 jusqu'à sa fermeture complète fin août, en réplique aux sanctions occidentales.

Gazprom s'est refusé mardi à tout commentaire sur les fuites.

(Reportage Reuters, rédigé par Matthias Williams ; version française Augustin Turpin et Sophie Louet, édité par Nicolas Delame)

par Anna Ringstrom et Stine Jacobsen

© Reuters 2022
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