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Journée chahutée en Bourse pour Casino, après la dégradation de sa note

10/10/2022 | 19:43

Paris (awp/afp) - L'action du groupe français de distribution Casino, qui a perdu les deux tiers de sa valeur depuis le début de l'année, a connu une nouvelle journée mouvementée en Bourse lundi, après que sa note a été dégradée samedi par l'agence de notation S&P Global.

Une chute impressionnante: l'action de Casino, qui valait encore plus de 23 euros en janvier, est tombée en matinée jusqu'à 7,34 euros (-12,5%). Elle s'est reprise pour terminer la journée à 8,13 euros, soit une variation de -3,10% par rapport à vendredi.

Le groupe Casino, qui emploie plus de 200.000 personnes dans le monde dont un quart en France, pèse ainsi quelque 870 millions d'euros de capitalisation boursière, pour un chiffre d'affaires 2021 d'environ 30 milliards réalisé via ses enseignes comme Monoprix, Franprix, Naturalia ou encore CDiscount.

Samedi, S&P a abaissé la note de la dette du distributeur de B à CCC+.

"Pas d'impact"

Auprès de l'AFP, un porte-parole de Casino a assuré que "cette annonce n'a pas d'impact pour le groupe à court terme".

"Nous allons poursuivre notre plan de marche qui consiste à poursuivre le développement rentable de nos activités en France, avec 800 magasins ouverts en franchise cette année, finaliser notre plan de cession d'actifs non stratégiques, poursuivre la réduction de la dette et assurer la bonne valorisation de nos activités en Amérique latine qui seront bientôt cotées sous la forme de trois actifs distincts", a poursuivi cette source.

L'agence de notation a "révisé à la baisse ses prévisions" quant à la profitabilité de Casino vu le contexte de forte inflation. Elle souligne "la détérioration" des conditions de marché financier, ce qui pèse sur "la liquidité du groupe, sa capacité à céder des actifs et à refinancer ses dettes".

Le groupe connaît des difficultés financières depuis plusieurs années. En 2020, le tribunal de commerce de Paris avait validé un plan de sauvegarde de la maison mère de Casino, Rallye, et de la cascade de holdings (Foncière Euris, Finatis et Euris), lourdement endettées, par lesquelles Jean-Charles Naouri contrôle le groupe.

Ce plan prévoyait un remboursement des créanciers via la remontée de dividendes de Casino, ainsi que d'importantes cessions d'actifs.

Mais l'épidémie de Covid-19 a pénalisé les commerces situés en Ile-de-France, bastion de Casino via ses enseignes Franprix et Monoprix.

Et en période de forte inflation, comme actuellement, les enseignes les mieux-disantes sur le prix, ou perçues comme telles par les consommateurs, conquièrent de nombreux clients, au détriment de leurs concurrentes moins bien positionnées.

Comme le note S&P Global, "le manque de flexibilité financière laisse (à Casino) peu de marge de manoeuvre pour investir sur sa compétitivité en matière de prix". En d'autres termes, le groupe engagé dans son désendettement peut moins que d'autres jouer sur ses marges pour proposer des prix bas à ses clients.

Grosse échéance en 2025

Alors que BFM Business a assuré mercredi, sur la base de sources anonymes, que les principaux créanciers de Casino et de ses holdings presseraient le groupe de vendre ses activités en Amérique latine pour poursuivre son désendettement, S&P confirme que le groupe "a encore des actifs de valeur à disposition pour baisser le poids de sa dette en France".

Mais, complète l'agence, l'environnement économique et géopolitique "n'est pas favorable" à une vente au meilleur prix. Elle valorise ces actifs sud-américains à 2,1 milliards d'euros, et Cnova, la maison mère cotée aux Pays-Bas de CDiscount, à 1,1 milliard d'euros.

En outre, poursuit-elle, "les 4 milliards d'euros de cession exécutés jusqu'à présent" dans le cadre du plan de sauvegarde "ne se sont pas traduits par un désendettement" sur le périmètre français, bien au contraire: sa dette nette s'est creusé en 2021, à 5,9 milliards d'euros contre 4,6 milliards d'euros fin 2020.

Le porte-parole de Casino a lui indiqué que le groupe n'avait "aucune échéance bancaire ou obligataire à court terme". "L'obligation de maturité 2023 est déjà couverte, et les maturités 2024 sont déjà partiellement adressées par la cession de GreenYellow", sa filiale dédiée à la production d'énergie renouvelable, au fonds Ardian, a-t-il ajouté.

L'importante échéance de remboursement de créances est en 2025.

afp/rp

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