Coronavirus-Le nouveau foyer néo-zélandais peut-être dû à des biens importés

12/08/2020 | 10:24

* Nouveau foyer dans une famille de quatre personnes après trois mois sans cas

* La piste d'une contamination via des marchandises importées explorée

* Auckland confinée, pas encore de décision sur un éventuel report des législatives

par Praveen Menon

WELLINGTON, 12 août (Reuters) - Les autorités néo-zélandaises enquêtent pour déterminer si les premiers cas de contamination par le nouveau coronavirus identifiés en plus de trois mois pourraient être liés à des importations de biens, alors qu'Auckland, la plus importante ville du pays, renouait mercredi avec le confinement.

Dans ce contexte, la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, a annoncé mercredi le report de la dissolution du parlement, une étape clé préalable aux élections législatives prévues le mois prochain.

S'exprimant lors d'une conférence de presse télévisée, elle a déclaré qu'elle suspendait jusqu'à lundi la dissolution du parlement, qui devait avoir lieu en amont du scrutin du 19 septembre. Aucune décision n'a été prise pour le moment sur un éventuel report des élections, a-t-elle cependant précisé.

"Il est trop tôt pour prendre des décisions mais il y a un peu de souplesse pour déplacer la date des élections si nécessaire", a déclaré la dirigeante, ajoutant qu'il était possible d'organiser le scrutin à toute date avant le 21 novembre.

La découverte de ces quatre nouveaux cas d'infection, tous au sein d'une même famille d'Auckland, avait déjà conduit Jacinda Ardern à annoncer mardi la réinstauration de mesures strictes de confinement dans la ville - avec des déplacements limités à l'essentiel par exemple - et le durcissement des restrictions dans le reste du pays.

Les 1,7 million d'habitants d'Auckland n'ont eu que quelques heures pour se préparer à ce reconfinement. La police a installé des barrages routiers pour éviter un exode massif tandis que les supermarchés confrontés à une ruée de clients ont rationné la vente de certains produits de base. De longues files d'attente se sont formées devant les centres de dépistage de la ville.

Ces mesures sont pour l'instant en vigueur jusqu'à vendredi, date à laquelle le gouvernement décidera des prochaines étapes.

LA PISTE DE L'EMBALLAGE ALIMENTAIRE ?

Après 102 jours sans contamination locale en Nouvelle-Zélande, l'origine de ce foyer familial a décontenancé les autorités sanitaires, et l'enquête se focalise désormais sur l'hypothèse d'une arrivée via des marchandises importées.

"Nous travaillons dur pour reconstituer les pièces du puzzle de la contamination de cette famille", a déclaré le directeur général de la santé Ashley Bloomfield lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision.

Il a précisé que des tests étaient en cours dans l'entrepôt frigorifique d'Auckland où travaillait un homme de cette famille. "Nous savons que le virus peut survivre un bon moment dans un environnement réfrigéré", a dit Ashley Bloomfield.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) précise sur son site internet qu'aucun cas de contamination par le SARS-CoV-2 via la nourriture ou les emballages alimentaires n'a été recensé jusqu'ici, tout en soulignant que selon certaines études, le virus peut survivre jusqu'à 72 heures sur une surface plastique.

La Chine a fait état ces dernières semaines de plusieurs cas de détection du nouveau coronavirus sur des emballages de fruits de mer surgelés importés.

Richard Winnall, directeur général de la branche néo-zélandaise d'Americold Realty Trust - entreprise américaine spécialisée dans la chaîne du froid - propriétaire de cet entrepôt, a déclaré au quotidien NZ Herald que cet employé était en arrêt maladie depuis plusieurs jours et que l'ensemble de ses collègues avaient été renvoyés chez eux pour subir des tests.

L'enquête a révélé que deux membres de ce foyer familial avaient visité des sites touristiques à Rotorua, une ville à environ trois heures de route au sud d'Auckland, et qu'un troisième s'était rendu sur son lieu de travail, une compagnie financière à Auckland, alors qu'ils présentaient des symptômes.

Selon le directeur général de la santé, quatre personnes ayant été en contact avec cette famille sont considérées comme des cas probables. Plus de 200 personnes ont été identifiés comme des contacts et les autorités se tiennent prêtes à tester des dizaines de milliers de personnes dans les prochains jours, a-t-il précisé. (version française Jean Terzian et Myriam Rivet, édité par Henri-Pierre André)

© Thomson Reuters 2020
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